Les olympiques numéraux
Inutile de préciser que le passe-temps favori à la cafétéria de ces temps-ci, c’est d’imaginer une nouvelle forme canonique qui nous permettrait de comparer les résultats sportifs terriens avec les résultats sportifs lunaires. C’est un exercice important si l’on veut éviter que les juges se méprennent des conséquences de la faible gravité sur les performances des athlètes, et que les premiers venus raflent tous les records sportifs mondiaux trop facilement. Mais c’est surtout amusant!
Le calcul de normalisation peut paraître simple aux premiers abords, mais ce n’est pas toujours évident de trouver ce qu’on doit diviser par six. Le plus difficile, c’est aussi de trouver comment on peut intégrer à nos calculs les variations de résistance de l’air, qui est absente sur la Lune et inconstante sur la Terre. Ernest, toujours aussi optimiste, s’est déjà convaincu de l’impossibilité de l’épreuve; mais, en se référant à l’historique des bases météorologiques, je pense qu’on devrait être en mesure de réinjecter ces variations dans nos équations.
D’ici là, je serais curieuse de comparer, entre eux, les records terriens existants, question de remettre les pendules à l’heure; parce qu’à l’heure actuelle, on ne peut vraiment pas honnêtement prendre les records sportifs au sérieux. Combien d’épreuves ont été affectées par la direction ou la force du vent? Combien de rallies de volley-ball sur mains auraient pu prendre une tournure différente? Une normalisation mathématique s’impose.
