La prochaine invasion terrienne
Ça y est! C’est officiel : les prochains jeux olympiques auront lieux sur la Lune!
La nouvelle ne m’aurait pas surprise si l’on m’avait annoncée une compétion lunaire de super-athlètes comme Jordan Nike-Bayer IV ou Natasha-2112 de Bombardier Earth. Avec toute l’audace que les commanditaires ont sû déployer pour associer leur nom aux grands records sportifs, je ne me serais jamais attendue à ce que ce soit le comité sportif d’humains purs à 100% qui les précède sur notre roche. J’aurais cru que les puristes s’opposaient aux développements extra-terrestres. Pourtant, à bien lire leur devise de près, «pas de membres bioniques; pas de manipulations génétiques; pas d’accompagnement pharmaceutique», on n’y parle pas d’interdire les combinaisons spatiales. Qui l’aurait cru? Les premiers exploits olympiques spatiaux seront accomplis par des humains 1.0.
Il semblerait que ce soit nos matchs de soccer en G/6 qui aie inspiré le comité à proposer notre désert comme prochain site olympique. À entendre parler les voix officielles, les jeux lunaires risquent d’être suffisamment impressionnants pour qu’on devienne, dans quatre ans, la destination touristique de l’année. Leurs partenaires commerciaux annoncent déjà que le visage de la Lune en sera transformé. On parle entre autres de développements immobiliers importants en banlieue de la Mer de la Tranquilité. Depuis l’annonce, le prix des terrains vagues continue de grimper en flèche. Je vais devenir riiiche!
J’ai hâte de voir nos ancêtres homo sapiens sapiens renouer avec leurs fantasmes de super-puissance par le push de notre constante gravitationnelle. Ça nous fera changement des athlètes modifiés qui leur ont volé la vedette depuis quelques décennies. Je dois bien l’avouer: je suis lasse des records illimités des super-olympiades. Je suis tannée d’applaudir les médiocres transhumains qui remercient leurs pénibles médecins au moindre prix qu’ils décrochent. J’ai envie de voir suer des petits athlètes bio.
Une amie m’a apprise cette semaine que les super-olympiades s’adressaient autrefois aux infirmes. Ils appelaient ça des olymiques «spéciaux», pour ne pas blesser personne; parce qu’à l’époque les prothèses renvoyaient nécessairement à la faiblesse humaine qui se cachait derrière la machine, et non pas aux avantages que les implants procurent. C’est seulement avec le temps que l’innovation a prit le dessus et qu’on se prosterne devant les exploits de ce qu’ils appelaient, avant les «cyborgs», des êtres «mi-homme, mi-machine». Le passé est toujours d’une naïveté si fascinante!
Avec la venue des jeux lunaires, je propose donc un retour radical en arrière : dévisagez les moignons de vos idoles et prenez-les en pitié!
