Paradis sur Lune
La serre est calme à cette heure-ci. Les coureurs ont libéré le gymnase et le personnel d’entretien calibre le paysage pour le prochain cycle. En temps normal, la traque déborde d’activités. Tous les abonnés au forfait Détente/Nature viennent s’y promener entre les quarts de travail.
En attendant Alis, j’écoute les feuillages chanter sur la brise de l’air ventilé, je savoure l’éclairage des lampes solaires qui fait contraste au ciel noir. Je reste longtemps frappé par la présence irréelle des arbres, des arômes et du décors irrégulier qui m’invitent au repos. Je me surprend à vouloir m’accrocher à eux, en leur priant de m’apaiser. Je me laisse aller à respirer les formes qu’on a l’habitude d’exposer au regard, en façade de nos cinémurs. Si c’était permis, je pourrais saisir les feuillages entre mes doigts et en explorer les textures, je pourrais techniquement toucher, goûter aux plantes exposées. Je baigne dans l’incrédulité pendant que mes rêves quotidiens se mêlent à la réalité du moment.
Alis devrait finir son quart bientôt. C’est sa fête aujourd’hui. Pour l’occasion, je lui ai cuisiné un cochon d’élevage spécialement importé — à haut prix — du Guatémala. Pour agrémenter la soirée, je compte nous servir une bonne sélection de musique tribale certifiée traditionnelle.
